Le géant américain était accusé d’abus de position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser son comparateur de prix « Google Shopping ».

Après plusieurs années d'enquête, la Commlission européenne sort le carton rouge contre Google. Le géant américain se voit condamné à une amende record, d’un montant de 2,42 milliards d’euros, dès mardi 27 juin, pour abus de position dominante.

C’est le service en ligne Google Shopping (un comparateur de prix) que ciblent les services de la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager. L’énergique danoise avait adressé un acte formel d’accusation à l’encontre du géant californien le 15 avril 2015, quelques mois seulement après son entrée en fonctions, en novembre 2014.

« Google a lancé des produits qui ont réellement modifié nos vies, pour autant, sa stratégie ne s’est pas juste au bénéfice des consommateurs. Google a abusé de sa position dominante en promouvant son propre service de comparateurs de prix, c’est illégal au regard des regles européenne anti trust » a estimé Margrethe Vestager, mardi.

Dans son communiqué de presse, la commission précise que Google a introduit cette pratique dans les 13 pays de l’Espace économique européen, « en commençant par l’Allemagne et le Royaume-Uni en janvier 2008. Elle a ensuite étendu cette pratique à la France en octobre 2010, à l’Italie, aux Pays-Bas et à l’Espagne en mai 2011, à la République tchèque en février 2013 et à l’Autriche, à la Belgique, au Danemark, à la Norvège, à la Pologne et à la Suède en novembre 2013. »

 

Google envisage de faire appel

Cette décision survient moins d'un an après la décision de la Commission européenne de sanctionner un autre géant américain, Apple, pour avoir bénéficié d'"avantages fiscaux" indus accordés par l'Irlande: l'exécutif européen avait alors sommé, le 30 août 2016, la firme américaine de rembourser à Dublin plus de 13 milliards d'euros.

Une telle décision défavorable à une entreprise américaine pourrait accentuer les tensions entre Bruxelles et Washington, déjà fortes depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir et alors que doit se tenir dans moins de deux semaines un G20 à Hambourg, les 7 et 8 juillet.

Le géant américain Google a fait part dans la foulée de son "désaccord respectueux" après l'amende de 2,42 milliards d'euros que lui inflige la Commission européenne pour abus de position dominante, et "envisage un appel" devant la Cour de justice européenne.

"Nous sommes respectueusement en désaccord avec les conclusion annoncées aujourd'hui. Nous allons étudier la décision de la Commission en détail et nous envisageons un appel", a-t-il dit dans un communiqué.